
Le ciel ténébreux peignait la voûte céleste, la
brume était épaisse, le soleil était absent…
Recouvert
d’une armure de fer, protégé d’un bouclier d’airain, portant un heaume à la
tête et une épée à la main nous pensions être prêts pour le combat.
C’est
alors que nous avons chevauché, tels des chevaliers teutoniques, des contrées
inconnues, parcourant terres et eaux et bravant vents et marées.
Nous
avons entrepris des croisades, des guerres et des expéditions à la recherche du
Saint-Graal.
Pourtant,
dans cet immense champ de bataille, avons-nous simplement triomphé de nos
passions?
Satisfaisant
toutes nos envies et réalisant tous nos phantasmes, notre œil se délectait de
voir, notre oreille se satisfaisait d’entendre et notre bouche ne se rassasiait
de manger, mais tout était
souffrance dans cette course au plaisir.
version Ebook Semblables
à des aveugles conduisant des aveugles, nous regardions sans voir et nous
écoutions sans comprendre.
Nous
nous sommes donc fourvoyés car la Vérité se trouvait dans un royaume sans chemin.
Nous avons amassé
des richesses et conquis des terres pour construire ce royaume, mais tout était éphémère et poursuite
du vent.
Nous avons érigé des monuments religieux pour y
mener un culte mais nous avions oublié que la Foi est un temple sans façades.
Nous voulions
peser l'impondérable, voir l'invisible et attraper l'impalpable, mais tout
n’était qu’illusion…
Aujourd’hui,
le soleil se lève, la chrysalide est arrivée à maturité, le bourgeon est sorti
de sa dormance.
Alors, comme une mue qui se détache du corps de son propriétaire le moment
venu, nous nous détachons de notre nature grossière.
Puis, nous
revêtons une tunique en lin, d’un blanc immaculé, symbole de régénération, de
renaissance et de pureté.
A cet
instant,
Notre
âme-oiseau s’élève dans l’éther, au-delà du champ spatio-temporel pour
embrasser l’éternité.
Alors,
Comme la goutte d’eau dans l’immense océan,
Comme le grain de sable dans le gigantesque désert
Comme l’arbre dans la grande forêt,
Le temps n’existe plus, la souffrance n’a plus aucune signification.
Matthieu
GROBLI