O.R.C.A - Organisation pour la Renaissance de la Conscience Africaine
Création du monde chez les Dogons




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Video de la cosmogonie Dogon
histoire de l'Afrique
"Amma, dieu créateur, omnipotent et immatériel, lance le système planétaire, boulettes de terre transformées en étoiles que les femmes, par la suite, cueilleront au ciel pour les remettre à leurs enfants. Ceux-ci les transperceront d'un fuseau et feront tourner jusqu'à lassitude ces toupies lumineuses.

Amma fait le soleil-femelle, la lune-mâle, et la terre, boudin de glaise qu'il a serré dans sa main et qui, dans l'espace, s'étale, gagne au Nord, s'allonge au Sud, s'étend à l'Orient et à l'Occident, étire sa chair, sépare ses membres, comme le ferait un f?tus dans la matrice. La terre devient une femme, à plat dos, orientée Nord-Sud.
Amma, le Dieu créateur, "père" des créatures, veut s'unir à la terre-mère, figurée par l'œuf du monde composé d'un double placenta, pour engendrer des êtres destinés à promouvoir sa création. Fécondés par la parole d'Amma, les premiers êtres sont créés. Deux jumeaux androgynes, dont l'un fait figure de révolté par rapport à l'autorité paternelle et l'autre de "sauveur". Mis à mort puis ressuscité, ce sauveur, Nommo, réorganise par son propre sacrifice le monde perturbé par les agissements de son frère-ennemi Yorougou, le renard. Yorougou apparaît le premier dans le monde, sortant du placenta originel sans l'autorisation de son père Amma, emportant avec lui dans l'obscurité primordiale un morceau de placenta qui sera notre terre, et sur lequel figurent les symboles graphiques, c'est-à-dire des "paroles en puissance2". Amma ne peut lui reprendre cette parole "volée", encore muette. Les traces de pattes des renards en sont les signes visibles, et leur langage muet exige une interprétation, une traduction en paroles humaines par la divination.
Nommo descend enfin sur la terre avec une arche qui porte les premiers hommes, ainsi que tous les animaux et plantes destinés à peupler l'univers. L'arche est le placenta, et la " chaîne de descente " le cordon ombilical : si la parole du père est celle qui féconde, celle de la mère est celle qui conçoit ; c'est celle qui fait sortir du sol la végétation.
Pour créer le monde, Amma a mis dans chaque chose une parcelle de sa force. Dans le corps d'Amma étaient les signes, le placenta contient le monde ; le placenta est la terre cultivée, qui produit la vie de l'homme ; la forme parfaite du placenta est l'?uf, image de la plénitude fermée sur elle-même ; elle peut se représenter sous la forme d'un tableau oblong couvert de signes, dit " ventre de tous les signes du monde ", dont le centre est l'ombilic et qui forme au total les deux cent soixante-six " signes d'Amma ". Enfin, " les signes complets du monde donnent à tout la couleur, la forme, la matière ". La parole de la terre, " informulée ", se trouvait sous forme de symboles graphiques dans le placenta. Ceux-ci permettent de comprendre la création, car " on connaît la racine, le principe, l'essence, des choses à leur forme, à leur matière, à leur couleur ".
Cela revient à dire que les signes, manifestations de la pensée créatrice, ont existé avant les choses et qu'ils les ont déterminées. Le mécanisme de la création par le graphisme comprend des signes " fixes " qui donnent vie aux signes " mobiles ", lesquels font venir les choses à l'existence. Dessiner, c'est faire commencer à être, et par là même marquer le premier pas vers la destruction. Le signe est un moyen efficace pour agir sur l'avenir : l'exécution de graphies promeut l'existence de la chose représentée, la réédite en la faisant passer par les étapes successives de sa formation. La matière utilisée pour former ces graphies a une valeur en elle-même, jusque dans la couleur qu'elle implique.
Amma maintient l'ensemble, il a tracé lui-même le plan du monde et de son extension, il a dessiné l'univers avant de le créer. Le dessin témoigne de la genèse de la chose qu'il représente : il la réalise, la conduit à sa fin. On dit : " Le signe que l'on écrit, c'est le bon à venir. "

Initiation chez lez Bambara (Mali)

 
Au terme de la circoncision qui se déroulait à vingt-un ans, une retraite de soixante trois jours était imposée aux jeunes initiés Bambara. Pendant celle-ci, le récit de la création leur était enseigné. Voici ce qu'on leur apprenait :

« Il n'y avait rien, sinon un Être. Cet Être était  un Vide vivant, couvant potentiellement les existences contingentes. Le temps infini était la demeure de cet Être-Un. L'Être-Un se donna le nom de Maa Ngala. Alors il créa un Œuf  merveilleux comportant neuf divisions, et y introduisit les neuf états de l'existence. Quand cet Œuf primordial vint à éclore, il donna naissance à vingt êtres fabuleux qui constituaient la totalité de l'univers, l'intégralité des forces existantes de la connaissance possible. Mais hélas ! aucune de ces vingt premières créatures ne se révéla apte à devenir l'interlocuteur que Maa Ngala avait voulu pour lui-même. Alors, il préleva une partie sur chacune des vingt créatures existantes, les mélangea puis, soufflant dans ce mélange une étincelle de son propre souffle igné, créa un nouvel Être, l'homme, auquel il donna une partie de son propre nom : Maa. De sorte que ce nouvel Être contenait, de par son nom et par l'étincelle divine introduite en lui, quelque chose de Maa Ngala lui-même » !


Création du monde chez les Ewé


Voilà comment les peuples Ewé de la côte de l'Ouest africain expliquent l'avènement du Monde :

« Au commencement de toute existence était une Calebasse. Elle remplissait le temps et l'espace. Elle était le Tout. Séparée horizontalement en son milieu, son couvercle formait le Ciel et sa coupe la Terre. Le Ciel était mâle et contenait l'Eau. La Terre était femelle et ses entrailles couvaient le Feu. La Calebasse toute entière était donc le Ciel, la Terre, l'Eau et le Feu. La Vie naquit de l'initiative  du Ciel qui, un jour, envoya son Eau sur la surface de la Terre. La Terre accueillit la première Pluie, qui, de sa fraîcheur fit germer les plantes. Celles-ci se métamorphosèrent, les unes en animaux, les autres en hommes. Le Ciel et la Terre mis en contact par la Pluie, firent jaillir la Foudre, qui déclencha l'impulsion primordiale, mettant en mouvement perpétuel le Ciel et la Terre eux-mêmes, ainsi que l'Eau et le Feu que l'un et l'autre contenaient ».


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