Premiers enseignements de Thot-Djehuty
Meni: Ô Thot, je m’adresse à toi au nom des miens car le
temps de comprendre l’origine des choses et des savoirs est maintenant venu.
Nous avons été mentalement broyés par des siècles d’obscurantisme et avons
besoin de retrouver notre vraie voie, celle de la sagesse/vérité/justice, celle
de nos ancêtres glorieux.Djehuty: Ainsi c’est donc accompli ce que nous avions
déjà pressenti durant l’époque glorieuse de Kemet (l’Egypte). Mais si tu
permets, appelle-moi DJEHUTY car tel est mon nom.
Meni: Ô DJEHUTY, on dit de toi que ton nom contient tous
les Savoirs de l’univers. Quel est le sens de cette affirmation ?
Djehuty: J’ai reçu du démiurge lui-même, la connaissance
des choses terrestres et divines. En ce sens je suis le Maître des Medw Neter
(Paroles divines), le Premier Prophète de la Vérité, le grand Scribe des
créatures divines invisibles et visibles, le premier grand Guide divin, la
lumière divine personnifiée et la raison créatrice du monde au service des lois
divines.
Meni: Comment cela se peut-il ?
Djehuty: Dis moi, pourrais-tu observer ton tout premier
enfant naître à la vie, fils ou fille, sans prendre soin de le protéger, de le
nourrir et de lui transmettre ton savoir et tes enseignements ? Es-tu
capable, toi MENI, de laisser ton premier né, livré à lui-même, dans
l’ignorance la plus complète ?
Meni: Je ne pense pas !
Djehuty: Pourquoi alors voudrais-tu que Dieu ait agit
autrement ? Il a crée l’homme et la femme (le couple humain), identique à
lui en secret, dans le cœur du monde, en Afrique noire... En laissant couler
une larme de son œil, dès leurs premiers battements de cœur, leur créateur
s’est penché sur eux, plein d’admiration et d’amour. Oui, il a aimé ses enfants
dès leur premier souffle de vie.
Meni: Comment a-t-il donc agit pour leur révéler ses
principes divins ?
Djehuty: J’ai reçu directement du démiurge, la mission de
guider les premiers hommes sur les voies de la sagesse en leur révélant, entre
autre, la technicité de l’écriture afin de graver éternellement les lois
divines de Maât, à savoir la vérité/justice. Je suis donc le premier Prophète
du Livre Sacré car je reste celui qui a apporté au genre humain, les
« Medw Neter » à savoir, les « Paroles/Enseignements
Sacrés ». Tel est le premier nom kamit qui a été donné à ce que tu
appelles aujourd’hui, l’écriture.
Meni: Je commence à comprendre. Tu as donc été le Premier
prophète de l’humanité. Tu es celui qui a énoncé les principes que certains ont
repris aujourd’hui et réadapté selon leurs us et coutumes. A vrai dire, j’ai
toujours trouvé surprenant que les prophètes soient apparus si tardivement,
soit plus de 100 000 ans après la création du premier homme moderne, il y avait
là quelque chose de louche ! Pourquoi nous a-t-on caché ton
existence ?
Djehuty: J’ai été connu sous les noms de DJEHUTY, puis de
Thot et enfin d’Hermès dans la tradition grecque. Ceux qui suivent vraiment les
voies de la sagesse divine rendent toujours hommage à la source de cette
sagesse. A travers le Père, je suis la source de la sagesse. Si tu ne me
connaissais pas avant, c’est que ceux que tu suivais n’adhéraient que
superficiellement à la sagesse divine.
Meni: Quelles distinctions dois-je faire entre toi et
Osiris ? Vous avez tous deux eu une existence humaine, mais quelles furent
vos missions respectives ?
Djehuty: Osiris, à savoir « Wsir », est le tout
premier à avoir reçu la mission de guider l’humanité vers la connaissance
divine. C’est le premier envoyé de Dieu sur terre qui est mort et ressuscité
d’entre les morts pour finalement siéger à la droite de son créateur tout en
assurant son rôle de juge dans la Place de la Vérité (salle du jugement dernier).
Il est appelé « Woun Nefer » à savoir « l’Être Eternellement
Bon » et « Kem Wour » pour « Grand Noir ».. Je fus
originellement, son initiateur sur les voies de la connaissance divine car
telle est ma mission, montrer les voies de la sagesse à toutes les créatures
divines. Mais je reste à son service, car Osiris est « Celui qui veille
sur le trône de Dieu » et il fut donc chargé de guider les humains
africains vers le divin et en ce sens, mon rôle fut de l’aider à accomplir sa
mission.
Meni: Tu sais quoi DJEHUTY... j’ai près de 12 milliards de
questions à te poser. Mais bon, tout d’abord j’aimerais que tu m’expliques en
quoi la vision religieuse des anciens africains diffère de celle
d’aujourd’hui ?
Djehuty: Pose tes questions, je suis là pour t’inviter à
chercher les vraies voies de la sagesse. Certaines réponses sont déjà en toi,
trouve les ! Ta vision religieuse actuelle découle de peuples dont le mode
de vie descend en droite ligne du patriarcat et du nomadisme. Je parle ici des
Sémites et des Indo-Européens que nous connaissions bien sur la terre de tes
ancêtres. Ces peuples se caractérisaient dans l’antiquité par le mode de vie
suivant : nomadisme (déplacements fréquents), attitude hostile (lutte
contre le climat froid ou aride du désert, nombreuses guerres tribales,
difficultés pour trouver de quoi se nourrir), patriarcat (le chef de famille
reste l’homme, survalorisation des guerriers), infériorisation de la femme (qui
reste sous l’autorité ferme de son père ou de son époux) et polythéisme (croyance
en diverses divinités). Compte tenu de leur vision du monde, découlant en
directe ligne de leurs habitudes de vie, leur vision religieuse actuelle ne
pouvait que s’imprégner de leurs schémas culturels ancestraux. Ils ont donc
trouvé un juste équilibre entre vie culturelle et vie religieuse dans le cadre
de leur sphère civilisationnelle.
Meni: Et pour nos ancêtres ?
Djehuty: Les Kamits, tes ancêtres, voyaient le monde
différemment car leur mode de vie était diamétralement opposé. Nous étions des
sédentaires plutôt matriarcaux. C’est-à-dire que notre mode de vie était basé
sur les points suivants : la vie sédentaire (la construction de villes, la
culture des champs), attitude d’ouverture (en raison d’un climat africain
favorable que nous ne percevions pas comme menaçant notre existence),
matriarcat (la femme jouit des mêmes avantages que l’homme selon un principe de
complémentarité et non pas de rivalité), monothéisme (Dieu ayant recours
néanmoins à la biodiversité pour engendrer, développer et maintenir la vie). Il
en découle que notre vision philosophico-religieuse resta imprégnée de nos
habitudes de vie ancestrale. Tu as perdu cette vision car à une époque récente,
tes ancêtres ont été attaqués, annexés militairement et éduqués dans une vision
culturelle étrangère à l’Afrique.
Meni: Tu peux rajouter, déportés par la force, mis en
esclavage, colonisés et assimilés à d’autres cultures issues du nomadisme. En
fait, DJEHUTY, je commence à comprendre le problème. Bon, révèle moi alors les
points de divergence.
Djehuty: Prenons Dieu. Pour un chrétien adhérant à l’église
romaine, Dieu est unique et en trois personnes (le père, le fils et le saint
esprit).
Meni: En effet...
Djehuty: Pour tes ancêtres, Dieu est vivant dans la nature,
sa création et concoure ainsi au développement et au maintient de la vie sur
terre. Sans eau, sans air, sans terre nourricière, etc., point de vie !
Mais Dieu est aussi présent dans la Trinité, à savoir le père... la mère et....
l’enfant (Osiris, Isis, Horus). Le lien d’amour les unissant tous au divin est
Maât, l’esprit divin de la vérité/justice. Impossible selon eux que la Trinité
exclut la femme car s’est en prenant femme que l’homme accomplit le mystère
divin de la création de la vie et rejoint son père créateur dans sa mission de
guide, en quelque sorte, de sa progéniture. C’est cela que nous avions apprit
au monde profane autrefois.
Meni: Et pourquoi a-t-on exclut la femme de la Trinité chez
les chrétiens ?
Dehuty: Je t’ai présenté la vision culturelle ancestrale
des anciens peuples nomades précédemment. Celle-ci aliénait socialement la
femme donc religieusement, leur vision de la femme est restée la même. La
croyance de ces derniers est que la femme à été crée à partir des côtes de
l’homme, tandis que pour tes ancêtres, l’homme et la femme descendent tous
deux, directement du divin. Il y a là une différence fondamentale qui repose
sur une vision culturelle divergente de la société. Ainsi, chaque vision est le
fruit d’un héritage historique, mais toi MENI, tu dois savoir que tu possèdes
aussi ton propre héritage spirituel.
Meni: Parlons-en, si tu veux bien. L’unicité de Dieu chez
les Kamit, qu’en est-il ?
Djehuty: C’est extraordinaire. Pour les anciens africains,
tes ancêtres, Dieu est Unique et à l’origine de toutes les formes de vie. Nous
verrons une fois prochaine, les textes pharaoniques. Dieu crée la vie et toutes
les formes de vie ne sont qu’une fraction de lui-même, qui globalise l’ensemble
de la création. Dieu donne et maintient la vie à travers l’eau, l’air, la terre
fertile, etc... La biodiversité reflète donc la volonté divine d’engendrer la
vie et l’homme, en usant de son intelligence à pour mission de préserver cette
biodiversité et à travers elle, la vie elle-même. Car il ne peut mettre son
intelligence, don divin, au service de la destruction/pollution des aspects
fractionnaires de sa divinité primordiale. Mais sais-tu d’où vient Dieu ?
Meni: Dans les religions monothéistes actuelles, il
n’existe pas de réponse à cette question. Par contre, les textes sacrés de
Kemet (l’Egypte) parlent du Noun comme étant les eaux abyssales contenant à
l’origine, toutes les potentialités de l’univers et le divin aurait pris
conscience de lui-même en émergeant du Noun, puis aurait engendré la
biodiversité puis l’humanité par le Verbe/Parole, « Hou ». Est-ce
cela ?
Djehuty: Je suis agréablement surpris par le fruit de ta
quête du savoir de tes pères. Cette émergence du Noun suivit de la création des
êtres vivants, symbolise l’unicité multiple du divin. « Unicité »
pour « Dieu unique », « multiple » pour « aux divers
aspects » révélant les potentialités infinies d’Amon (Dieu). Mais laisse
moi encore te révéler le Dieu de tes ancêtres, celui que nous avons révélé les
premiers à l’humanité.
Meni: Je t’écoute DJEHUTY !
Djehuty: Dieu a conçu l’éternité, l’univers, le monde... le
monde a conçu l’évaluation du temps. L’essence originelle de Dieu est le bien,
le bonheur, la sagesse, la vie éternelle. L’essence de l’éternité est Dieu,
l’essence du monde est l’ordre divin Maât, l’essence du temps est le
changement, l’essence de la génération/régénération est la vie terrestre et
cosmique. La puissance de Dieu agit dans l’intelligence du cœur, dans le
ba et le ka de chaque homme. Les forces vitales de l’éternité sont la stabilité
et l’immortalité, celles du monde sont dans la composition, la décomposition et
la recomposition. L’éternité est en Amon (Dieu), le monde dans l’éternité, le
temps dans le monde, la génération dans le temps. L’éternité reste stable dans
Dieu tandis que le monde doit mériter l’éternité. Le temps s’accompli dans le
monde tandis que la génération/régénération se réalise dans le temps. La
puissance de Dieu est l’éternité, le fruit de l’éternité est le monde, l’essence
du monde est le renouvellement de la vie, l’essence de la vie est la mise en
action de l’intelligence divine. Le corps abrite le cœur/sagesse et le
cœur/sagesse abrite l’intelligence divine. Les forces de Dieu sont les
énergies, les forces du monde sont les créatures vivantes, les forces des
hommes sont la science et les arts. Le mal de l’homme est l’ignorance, le mal
du cœur/sagesse est la pulsion destructrice non régulée, le mal du monde est
l’asservissement de l’homme aux choses corporelles et terrestres. Dieu vit dans
l’éternité, l’homme vit dans le monde et doit utiliser son cœur/sagesse et ses
forces pour faire le bien, le bonheur, la sagesse qui sont l’essence de son
créateur, pour vivre éternellement.
Meni: DJEHUTY, je crois que nous allons arrêter là pour ce
premier entretien car je dois comprendre encore ce que tu essaies de me révéler
aujourd’hui.